Entreprises
Déduction fiscale du télétravail : siège, bureau et allocations
Allocation télétravail exonérée en 2026, frais réels du salarié, charge ou amortissement du mobilier pour l’entreprise et l’indépendant.
Un siège ergonomique ou un bureau assis-debout pour le télétravail peut être payé par l’employeur, par le salarié ou par un indépendant pour lui-même. Chaque cas a son traitement : cotisations sociales pour l’employeur, impôt sur le revenu pour le salarié, charge ou amortissement pour l’entreprise. Cette page rassemble les règles et les montants en vigueur, relevés le 8 octobre 2026 sur urssaf.fr, impots.gouv.fr et le BOFiP. Chaque chiffre est daté. Les barèmes changent chaque année : vérifiez-les avant de déclarer, et faites valider votre situation par votre expert-comptable.
Côté employeur : l’allocation forfaitaire de télétravail en 2026
L’Urssaf classe les dépenses de télétravail en trois catégories de frais professionnels : les frais liés à la mise à disposition d’un local privé, les frais d’adaptation d’un local spécifique « incluant les dépenses d’acquisition du mobilier et du matériel informatique », et les frais de matériel, de connexion et de fournitures. Ces frais peuvent être exclus de l’assiette des cotisations, soit sous forme d’allocation forfaitaire, soit sur justificatifs.
Les montants d’allocation forfaitaire exonérés en 2026, selon urssaf.fr :
| Cas | Par jour de télétravail | Par mois, pour 1 jour de télétravail par semaine |
|---|---|---|
| Allocation non prévue par un accord collectif | 2,70 € dans la limite de 59,40 € par mois | 11 € |
| Allocation prévue par une convention de branche, un accord professionnel, interprofessionnel ou de groupe | 3,30 € dans la limite de 72,60 € par mois | 13,20 € |
Exemple : un salarié qui télétravaille 8 jours dans le mois, sans accord collectif, peut recevoir jusqu’à 21,60 € d’allocation exonérée ce mois-là (8 × 2,70 €).
Au-delà de ces limites, l’exonération reste possible si l’employeur justifie la réalité des dépenses. Le remboursement sur frais réels n’a pas de plafond : il est exonéré si l’employeur prouve que le salarié a dû engager ces frais pour son travail et produit les justificatifs. C’est la voie adaptée au remboursement ponctuel d’un siège ou d’un bureau payé par le salarié, facture à l’appui.
Deux précautions. L’Urssaf interdit de cumuler le remboursement des frais de télétravail avec l’indemnisation de l’usage du matériel informatique personnel, déjà couvert. Et si l’entreprise achète elle-même le mobilier pour le mettre à disposition, ce n’est plus un remboursement de frais : c’est un achat de l’entreprise, traité plus bas.
Côté salarié : impôt sur le revenu
Si vous gardez l’abattement de 10 %
C’est le cas par défaut. D’après impots.gouv.fr, l’allocation de télétravail versée par l’employeur est alors exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 2,70 € par jour de télétravail, 59,40 € par mois et 626,40 € par an (revenus 2025, déclarés en 2026). Vous n’avez pas à la déclarer. En contrepartie, vous ne déduisez aucun frais de télétravail : l’abattement de 10 % est censé les couvrir.
Si vous optez pour les frais réels
Vous pouvez déduire vos frais de télétravail de deux façons : un forfait de 2,70 € par jour de télétravail (dans les mêmes limites mensuelle et annuelle), ou leur montant exact si c’est plus favorable. Parmi les frais cités par impots.gouv.fr figure l’achat de mobilier et de matériel informatique pour les besoins de votre activité professionnelle. Il faut pouvoir justifier chaque dépense.
Attention au piège : si vous avez perçu une allocation de télétravail et que vous déduisez vos frais de télétravail au réel, l’allocation devient imposable et doit être ajoutée à vos salaires. L’option n’a d’intérêt que si vos frais dépassent nettement l’allocation.
Un siège à 400 € se déduit-il en une fois ?
Impots.gouv.fr détaille la règle pour un ordinateur : il s’amortit sur trois ans, de façon linéaire, au prorata de l’usage professionnel. Par tolérance, son prix peut être déduit en une seule fois l’année d’achat s’il ne dépasse pas 500 € hors taxes (600 € TTC). La même page ne fixe pas de durée d’amortissement pour un siège ou un bureau, et nous n’avons pas trouvé de texte officiel qui le fasse pour le mobilier d’un salarié. Si vous déduisez un meuble au réel, conservez la facture et soyez prêt à justifier l’usage professionnel et la méthode retenue.
Côté entreprise : charge immédiate ou immobilisation
Pour une entreprise imposée au réel (BIC ou impôt sur les sociétés), le principe est l’immobilisation : un bien durable s’inscrit à l’actif et s’amortit sur sa durée d’utilisation. Le BOFiP (BOI-BIC-CHG-20-30-10, en vigueur depuis le 1er mars 2017) admet une exception : les matériels de bureau et mobiliers dont le prix unitaire hors taxes n’excède pas 500 € peuvent être passés directement en charges.
Cette tolérance a une limite que beaucoup oublient. Elle vise le renouvellement courant du mobilier, et ne s’applique pas à l’équipement initial d’un immeuble de bureaux ni à son renouvellement complet, même si chaque meuble coûte moins de 500 € HT. Elle reste applicable si l’ensemble de l’équipement initial ou du renouvellement ne dépasse pas lui-même 500 €.
Exemple : une chaise KQUEO Terrana était affichée à 349,17 € HT le 8 octobre 2026. Une PME qui en achète une pour remplacer un siège usé peut la passer en charge. Si elle en achète vingt pour équiper de nouveaux bureaux, la tolérance ne s’applique plus : les sièges sont immobilisés et amortis.
Un bureau assis-debout acheté en cadre seul et en plateau séparé pose une question de « prix unitaire » : retenez une position cohérente avec votre expert-comptable, et documentez-la.
Côté indépendant : tout dépend du régime
En micro-entreprise, vous ne déduisez aucune charge réelle. Impots.gouv.fr le rappelle : l’abattement forfaitaire est réputé couvrir vos frais (71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les activités BNC, avec un minimum de 305 €). Un siège acheté pour votre bureau ne réduit donc pas votre bénéfice imposable.
Au régime réel BNC, le BOFiP (BOI-BNC-BASE-40-10) précise que les dépenses de matériel ou de mobilier ne se déduisent pas l’année de l’achat : elles donnent lieu à un amortissement déductible. Impots.gouv.fr indique toutefois que la tolérance de 500 € HT pour les « matériels de bureau » vaut au régime réel, en BIC comme en BNC. Au régime réel BIC, la règle du BOFiP décrite plus haut s’applique directement.
Ce qu’il faut retenir
| Qui paie | Traitement | Repère chiffré (2026) |
|---|---|---|
| Employeur, allocation forfaitaire | Exonérée de cotisations dans les limites Urssaf | 2,70 € par jour, 59,40 € par mois (3,30 € et 72,60 € avec accord de branche) |
| Employeur, remboursement sur facture | Exonéré sans plafond si justifié | Facture et preuve du besoin professionnel |
| Salarié, abattement de 10 % | Allocation exonérée d’impôt, pas de déduction | 626,40 € par an (revenus 2025) |
| Salarié, frais réels | Forfait ou montant exact, allocation réintégrée | Ordinateur : 3 ans, ou déduction immédiate jusqu’à 500 € HT |
| Entreprise au réel | Charge ou immobilisation | 500 € HT par meuble, hors équipement initial |
| Micro-entrepreneur | Aucune déduction | Abattement forfaitaire de 34 à 71 % |
Pour savoir ce que l’employeur doit fournir, au-delà de la fiscalité, lisez notre page sur les obligations de l’employeur. Pour choisir le matériel, nos comparatifs des chaises ergonomiques et des bureaux assis-debout indiquent les prix relevés et les garanties. Notre guide pour choisir un bureau assis-debout aide à fixer la bonne configuration avant d’acheter. Pour équiper une équipe, écrivez à la rédaction.
Sources
- Urssaf, Les frais professionnels (employeur), section télétravail, montants 2026, nouvel ongleturssaf.fr
- Urssaf, Taux et barèmes : frais professionnels 2026, nouvel ongleturssaf.fr
- impots.gouv.fr, Comment déclarer mes frais engagés au titre du télétravail à domicile en 2025 ?, nouvel ongletimpots.gouv.fr
- impots.gouv.fr, Mon employeur me rembourse des frais professionnels, puis-je opter pour les frais réels ?, nouvel ongletimpots.gouv.fr
- impots.gouv.fr, J’ai acheté un ordinateur pour mes besoins professionnels, puis-je le déduire ?, nouvel ongletimpots.gouv.fr
- impots.gouv.fr, Que puis-je déduire de mes résultats professionnels ? (mis à jour le 5 mars 2026), nouvel ongletimpots.gouv.fr
- impots.gouv.fr, Le régime unique des micro-entreprises, nouvel ongletimpots.gouv.fr
- BOFiP, BOI-BIC-CHG-20-30-10, dépenses d’acquisition de biens de faible valeur, nouvel ongletbofip.impots.gouv.fr
- BOFiP, BOI-BNC-BASE-40-10, nature des dépenses admises en déduction (BNC), nouvel ongletbofip.impots.gouv.fr